ALIDA YMÉLÉ

CAMEROUN

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Oeuvres de Alida Ymélé

(English version below French version)

Alida Ymélé (1994-) est une artiste camerounaise née à Dschang à l’Ouest du Cameroun. Elle commence à créer dès le plus jeune âge contre l’avis de sa famille. Elle ambitionne dans un premier temps d’aller vers le stylisme pour s’assurer une pratique manuelle sans avoir connaissance de l'existence d’une école des Beaux-Arts. Déterminée, elle entre à l’Institut des Beaux-Arts de Nkongsamba dont elle sort diplômée d’un master en 2019.

Alida travaille dans l’atelier de Jean-David Nkot depuis 2017. Comme beaucoup d’artistes de cette génération, elle est aussi passée par les enseignements et encouragements d’artistes renommés comme Barthélémy Toguo, Jean Jacques Kanté, Salifou Lindou, ou encore le post-master de Hervé Youmbi. Son mentor principal, Jean-David, lui fait prendre conscience que le genre n’est pas une question au sein de l’atelier, seul le travail, la passion et la détermination comptent. Aidé par les dons de matériels de Nkot ainsi que par les conseils de Youmbi, l’absence de revenus en sortie d’étude n’entrave pas le rêve de l’artiste.

L’univers d’Alida Ymélé questionne les injustices permanentes que vivent les femmes de ménage. Pour elle, ses femmes invisibilisées sont des héroïnes qu’il est nécessaire de mettre en avant, de réhumaniser. En effet, elle ne peut que constater la violence avec laquelle ces personnes sont traitées. Ce combat lui vient dès la petite enfance alors qu’elle peut lire la profession de ménagère de sa mère sur son acte de naissance, tandis que la société lui apprend que ce travail n’existe pas vraiment, ne vaut rien. C’est pourtant bien sa mère qui subvient à ses besoins jusqu’en 2011.

Alida Ymélé commence par travailler sur les tragédies de l’immigration, où des femmes se retrouvent en situation proches de l’esclavage.

“Elles existent sans toutefois exister”

Les carreaux sont des motifs récurrents dans le travail de l’artiste. Elle s’inspire ici des sacs africains aussi appelés Ghana must go ou encore Mbandjock. Ce sac est en effet devenu le symbole du déplacement mais aussi pour elle un labyrinthe représentant les difficultés que ces femmes rencontrent dans la société. Ce motif renvoie aussi aux fenêtres des maisons dans lesquelles elles travaillent pour subsister.

Elle remporte son premier prix en 2017 et participe à des expositions collectives dès 2019 dont notamment « New Spirit 2018 » puis « Woman Power » à la célèbre Bandjoun Station créée par Barthélémy Toguo en 2013. Elle enchaînera en dizaine d'expositions au Cameroun mais aussi aux Pays-Bas jusqu’en 2021.


Alida Ymélé (1994-) is a Cameroonian artist born in Dschang in the West of Cameroon. She started to create at a very young age against the advice of her family. Her first ambition was to go into fashion design to ensure a manual practice without knowing the existence of a school of Fine Arts. Determined, she entered the Institute of Fine Arts of Nkongsamba from which she graduated with a master's degree in 2019.

Alida has been working in the studio of Jean-David Nkot since 2017. Like many artists of this generation, she has also gone through the teachings and encouragement of renowned artists such as Barthélémy Toguo, Jean Jacques Kanté, Salifou Lindou, or the post-master of Hervé Youmbi. Her main mentor, Jean-David, made her realize that gender is not an issue in the studio, only work, passion and determination count. Helped by Nkot's donations of materials and Youmbi's advice, the lack of income after graduation does not hinder the artist's dream.

Alida Ymélé's universe questions the permanent injustices that housewives experience. For her, her invisibilized women are heroines that it is necessary to put forward, to rehumanize. Indeed, she cannot but notice the violence with which these people are treated. This fight comes to her from her early childhood when she can read her mother's profession of housewife on her birth certificate, while society teaches her that this work does not really exist, is worth nothing. However, it is her mother who supported her until 2011.

Alida Ymélé began by working on the tragedies of immigration, where women find themselves in situations close to slavery.

"They exist without however existing"

Tiles are recurring motifs in the artist's work. She is inspired here by African bags also called Ghana must go or Mbandjock. This bag has indeed become the symbol of displacement but also for her a labyrinth representing the difficulties that these women encounter in society. This motif also refers to the windows of the houses in which they work to subsist.

She won her first prize in 2017 and participated in group exhibitions from 2019 including "New Spirit 2018" and then "Woman Power" at the famous Bandjoun Station created by Barthélémy Toguo in 2013. She had ten exhibitions in Cameroon and the Netherlands until 2021.