USHIO SHINOHARA

JAPON

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Ushio Shinohara

Shinohara, revisiter la pratique et la tradition

    Fils d’un poète tanka (forme de poésie japonaise traditionnelle), Shinohara a très tôt été mis en contact avec différentes formes d’art. Ses parents lui inculquent rapidement l’amour de la peinture française de la fin du XIXe siècle. Il s’engage assez naturellement à l’École des Beaux-Arts de Tokyo, mais, déçu par l’enseignement trop académique, la quitte pour se tourner vers d’autres sources, telles que l’œuvre du photographe Tomatsu Shomei. En 1960, il fonde avec plusieurs autres artistes japonais (Yoshimura, Akasegawa, Arakawa, Kazakura, etc.) le groupe des Neo Dadaïsm Organizers (NDO), antenne nipponne du fameux mouvement Dada, et dont l’action se focalise sur la tenue de performances et de happenings dans des lieux publics. Dès ce moment, Shinohara développe plusieurs pratiques qui vont caractériser son activité pour les années à venir : des sculptures faites de détritus, des peintures aux dimensions monumentales (dont le plus grand autoportrait du monde), et les Boxing Paintings où l’artiste laisse les traces de ses poings sur la toile. Alors coiffé d’une crête iroquoise, le japonais entame une quête pour créer un art violent, irrévérencieux et concret, loin des préoccupations informelles des groupes conceptuels alors émergents. Il atteint la notoriété avec ces dernières, en collaboration avec Fukuyama Masaharu, pour le clip publicitaire d’une boisson sportive. En 2007, il reçoit le Prix artistique Mainichi. En 2012, première exposition rétrospective de son œuvre à l’étranger au Musée d’ Arts Samuel Dorsky, au New Paltz de l’Université de l’État de New York.

Aux États-Unis, Shinohara commence la série Oiran, continuant ainsi la tradition japonaise de la peinture de geishas, mais où les courtisanes sont défigurées, agressées par des hordes de cow-boys, d’indiens et de monstres, dans un style se rapprochant de la période d’Edo (1606-1848), où la vitalité et l’expressivité prennent le pas sur la beauté, grâce à l’utilisation de matières plastiques et peintures fluorescentes. À partir des années 1970, il débute la série des Motorcycles, où il sculpte d’immenses motos complexes et colorées, mélangeant ainsi le mythe américain et l’esthétique japonaise. Au cours des dernières années, Shinohara a repris les œuvres Boxing Paintings.

« J’adorais simplement l’art américain. Dans les années 1960, en pleine période de gloire du pop art, je lisais tout ce que je trouvais sur le sujet dans les revues d’art. Ça m’excitait comme un fou, je me disais « moi aussi, c’est ce que je veux faire ! ». C’est ainsi que j’ai pris ma décision de partir à New York. Mais quand ma bourse d’un an a été épuisée, je n’avais ni argent, ni piston. Mais le démon de l’art m’a tiré par le cou, alors j’ai mis toutes mes forces dans la bataille et j’ai foncé. »

Les oeuvres, pour la plupart monumentales, de l’artiste, sont visibles dans les collections des plus grands musées; notamment au Museum of Modern Art (MoMa, New-York), au Metropolitan Museum of Art (The Met, New-York), au Hara Museum of Contemporary Art (Tokyo, Japon), au Hyogo Prefectural Museum of Art (Japon)

Une photo de William Klein capturant la performance de Shinohara lors de la réalisation d’une de ses Boxing Painting est exposée au Museum of Fine Arts (Houston, US).

Boxing painting
Boxing painting

Boxing painting
Boxing painting

Boxing painting
Boxing painting

Boxing painting
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